Vue sur la Méditerranée à travers une arche en pierre sur le sentier des Cinque Terre
Le journal d'Amarok

Retrouver un rythme naturel

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Rythme sociétal versus rythme naturel

Notre rythme de vie contemporain, excité par les smartphones, par l'immédiateté de l'information, par l'accélération des flux, est-il encore vivable ? 

Cette sur-stimulation permanente, qui impose à notre système nerveux un rythme de traitement effréné, en arrive à saturer notre capacité à percevoir le monde "réel". Nous arrivons en pleine nature, pourtant ce brouhaha du monde extérieur nous suit, agissant comme une barrière invisible. Nous marchons en forêt, mais voyons-nous la forêt ? Les indices d'une présence animale ou végétale sont subtils. Et si nous ne nous mettons pas au diapason, ils nous échappent...
paysage de Vanoise

L'éveil sensoriel : pourquoi le cerveau a besoin de 48 heures

Troglodyte mignon chantant dans une forêt des Abruzzes au printemps
Le cerveau humain est capable de traiter un nombre considérable d'informations. Cependant, il n'est pas calibré pour gérer ce à quoi il fait face aujourd'hui : bruits, vitesse, afflux de données... La tornade urbaine le fragmente, le sature, et finit par amenuiser certaines de ses merveilleuses aptitudes : concentration, observation, écoute active... En arrivant en pleine nature, on se confronte à cette surcharge, car elle "vibre" à un rythme radicalement différent.

Les recherches en psychologie environnementale, notamment la théorie de la restauration de l'attention (ART), démontrent qu'un temps de latence est nécessaire au système nerveux - souvent estimé à 48 heures - pour "débrancher" les réflexes du quotidien. Durant ce laps de temps, le taux de cortisol, l'hormone du stress, chute significativement dès lors que l'immersion en nature est continue !
C’est ce qui explique pourquoi le premier jour d'un séjour reste souvent bruyant, intérieurement et physiquement. Il faut attendre le troisième jour pour que les sens, enfin libérés, se recalibrent !
Cette décompression change tout. En ville, nos yeux sont happés par les écrans, les panneaux : ce sont des cibles précises et fixes. En nature, c’est l’inverse : on apprend à relâcher cette tension. Le regard s’ouvre, il devient panoramique. On ne cherche plus à "voir" à tout prix, on laisse le paysage livrer ses mouvements.
Le moindre battement d’aile ou frémissement dans les hautes herbes devient une curiosité. Le silence, lui aussi, se transforme : ce n'est plus une simple absence de bruit, c'est une ouverture aux présences ! 

Les trois piliers de l'observation « slow »

Ralentir n’est pas synonyme d'inactivité, au contraire : c'est un travail intense d'ajustement ! Voici comment transformer le temps long en opportunités d'observation concrètes :


  • L’immobilité active : S'effacer ! Utiliser une tente-affût ou une tenue 3D (comme celles de nos partenaires chez JAMA) n'est pas un gadget, c'est une nécessité technique pour réduire sa "signature" visuelle. L’immobilité active, c’est le choix conscient de devenir un élément fixe du décor. En acceptant de ne pas émettre de mouvement, on réduit sa zone de fuite et on laisse la faune évoluer naturellement dans notre périmètre, plutôt que de tenter une approche qui peut leur paraître intrusive.

  • La macro-vision : On est souvent attiré par le "grand paysage". Pourtant, le vivant se joue aussi à quelques centimètres du sol. Se mettre à hauteur de la strate herbacée permet de découvrir une faune minuscule (insectes, arachnides, coléoptères) dont l'activité est frénétique. C'est ici que l'usage d'un objectif macro ou d'une simple loupe devient révélateur : on comprend que chaque écorce, chaque feuille abrite des interactions complexes... En changeant d'échelle, on affine sa compréhension du territoire : on ne regarde plus seulement le décor, on commence à lire les coulisses !

  • La lecture du territoire : L’observation efficace ne dépend pas de la chance, mais de l’anticipation le plus souvent... On se prépare en apprenant à connaître une espèce, on cherche les indices : une zone de gagnage, une crottée fraîche, la direction du vent qui oriente les odeurs. Apprendre à lire le terrain, c'est jouer un peu à cache-cache avec d'autres êtres vivants. C'est en déduisant le comportement de l'animal à partir de ses traces que l'on finit par être au bon endroit, au bon moment, sans jamais forcer la rencontre... même si cela demande du temps ! 
Observation animalière dans les Pyrénées ariégeoises

L'anatomie du silence : le kayak et la voile comme outils d'approche

Kayakiste sur le lac Inari, en Finlande, au cœur des forêts boréales

Le bateau n'est pas qu'un simple moyen de transport pour atteindre un lieu d'observation. Dans le milieu aquatique, la physique du son est incroyable et impitoyable : l'eau conduit les vibrations quatre fois plus vite et beaucoup plus loin que l'air. Un moteur, même électrique, génère une signature sonore qui alerte les mammifères marins et les oiseaux à plusieurs kilomètres...


En pratiquant la navigation à la voile, en canoë ou en kayak, le rapport de force change. Lorsque le moteur se tait et que l'embarcation se laisse porter par les courants, nous passons de "touriste" à observateur intégré. La dérive silencieuse permet de pénétrer dans le territoire sauvage et de se fondre dans le "paysage sonore".  Quant à la voile, par son imprévisibilité dictée par le vent, elle n'émet aucun signal mécanique inquiétant au milieu sauvage. 

Le temps du voyage : le train comme SAS de décompression

Voyage en train

Saviez-vous que la grande majorité de nos voyages chez Amarok sont accessibles en train ?

La France, mais aussi l'Europe, sont à portée de rails.

Ce temps de trajet nous permet de nous poser, de lire, de faire le bilan des dernières semaines ou mois... C'est un temps où l'on a le temps de penser, de lâcher prise, d'imaginer. 

Arrivés au point de départ de notre voyage, nous sommes déjà un peu libérés de la frénésie du monde. L'exploration peut commencer ! 

Si vous souhaitez, vous aussi, ralentir le rythme et mettre tous vos sens en éveil, rejoignez-nous :







Renard roux au repos dans les forêts du Yukon au printemps lors d'un voyage nature au Canada

Références scientifiques pour aller plus loin :


  • Kaplan, R., & Kaplan, S. (1989). The Experience of Nature: A Psychological Perspective. Cambridge University Press. (Fondamentaux sur la théorie de la restauration de l'attention).
  • Li, Q. et al. (2007). A forest bathing trip increases human natural killer activity and expression of anti-cancer proteins. Journal of Biological Regulators and Homeostatic Agents. (Étude sur les effets physiologiques de l'immersion en forêt sur le stress).
  • Bierwirth, M. et al. (2018). Effects of human disturbance on marine mammals. (Synthèse sur la perception des sons et des vibrations par la faune marine).
  • Storch, I. (2000). Grouse Status Survey and Conservation Action Plan (UICN). (Pour comprendre l'impact du dérangement sur la dépense énergétique des espèces sauvages).
Crédits photos : Frédéric Védie, Nicolas Louineau, Manon Béréhouc, Jérôme Daille, JP Brovelli, Joel Brunet et Laurence Terminet